Qu’est-ce que l’habitat participatif ?


Le terme « habitat participatif » trouve son origine aux 1ères Rencontres Nationales de l’Habitat Participatif organisées en 2010 à Strasbourg. Il rassemble des initiatives d’habitants qui ont émergé après la seconde guerre mondiale pour monter des projets alternatifs autour de l’habitat et se sont organisés en réseau.

Cette démarche couvre une grande variété de projets. L’autopromotion côtoie des opérations réalisées en partenariat avec des opérateurs professionnels et notamment des organismes HLM. Certains groupes créent des coopératives d’habitants, d’autres sont locataires HLM, d’autres encore gèrent leurs biens en copropriété ou en propriété collective. Des projets de 3 ou 4 logements se réclament autant de l’habitat participatif que certains projets avec plusieurs dizaines de logements.
Toutefois, quelle que soit la forme qu’il adopte, l’habitat participatif répond à trois principes fondamentaux :

  • Un regroupement de futurs habitants autour de leur projet immobilier afin de participer à la définition des objectifs, à la programmation et à la conception de leur cadre de vie.
  • Une action collective avec une gouvernance partagée qui fait émerger un nouvel acteur social, le collectif en capacité de décider et d’agir ensemble.
  • Un usage d’espaces communs.

L’habitat participatif permet donc à des groupes de citoyens de concevoir, créer et gérer leur habitat collectivement, en combinant espaces privatifs et espaces communs pour mieux répondre à leurs besoins, en cohérence avec leurs moyens et leurs aspirations.

Vivre en habitat participatif, c’est choisir d’habiter autrement avec ses voisins en accord avec ses valeurs et ses aspirations, en particulier en matière de vie sociale et d’écologie, dans un esprit de partage et de solidarités.

Ce mode de production de l’habitat est ouvert à toutes et à tous, de tout âge, tout niveau de ressources, tout milieu social, toute activité…

L’habitat participatif dans la loi


L’innovation sociale de l’Habitat Participatif a été reconnue par l’inscription d’un article dédié dans le cadre de la loi La loi ALUR (pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) adoptée définitivement le 24 Mars 2014.

Le premier intérêt de la loi ALUR est de proposer une définition de l’Habitat Participatif :
« Art. L. 200-1. – L’Habitat Participatif est une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s’associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d’acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d’assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis.»

« En partenariat avec les différents acteurs agissant en faveur de l’amélioration et de la réhabilitation du parc de logements existant public ou privé et dans le respect des politiques menées aux niveaux national et local, l’Habitat Participatif favorise la construction et la mise à disposition de logements, ainsi que la mise en valeur d’espaces collectifs dans une logique de partage et de solidarité entre habitants. »

Cette définition travaillée avec l’ensemble des acteurs identifie clairement aujourd’hui le champ d’innovation de l’Habitat Participatif.